Organiser son propre salon : une nouvelle idée fait son chemin sur le marché de l’après-vente.

Le 5 octobre 2016 agvs-upsa.ch - RHIAG, fournisseur de pièces détachées de qualité originale, a renoncé à la halle 7 de Genève et mise désormais sur son propre salon à Langenthal. RHIAG réunit ainsi ses clients et ses fournisseurs de la branche automobile suisse, dans une ambiance dynamique. Ce salon s’est tenu pour la première fois le week-end dernier, et a été un franc succès. RHIAG envisage déjà une extension.
 
« C’était une expérience à l’issue incertaine, pleine de risques, mais le bilan est sans appel : ce premier salon a été une réussite ». Roger Hunziker, le responsable marketing de RHIAG, tire le bilan avec soulagement et surtout une grande fierté. À juste titre : ceux qui se sont rendus à la halle couverte de Langenthal le week-end dernier ont été surpris de voir comment un salon spécialisé pouvait apparaître, comparé à l’ambiance rêche de la halle 7 du salon de l’Auto de Genève : varié, convivial, détendu, et passionnant. La halle n’a pas désempli dès l’ouverture le samedi après-midi. Les exposants étaient constamment plongés dans des entretiens, ne cessaient de distribuer des prospectus et de remplir des sachets d’objets publicitaires. « C’est la folie », commente Sven Thimm, responsable des ventes régionales de l’Aftermarket Business Unit de Brembo, depuis son stand, à Langenthal. Il s’est déjà rendu à de nombreux salons régionaux, visite avec son équipe plusieurs salons par an en Allemagne, et pense que ce n’est pas seulement l’ambiance conviviale qui rend ce salon hors du commun : « De tout le week-end, nous n’avons pas eu une minute de tranquillité ». C’est loin d’être un reproche...
 
Au cœur du salon, le bar a été pris d’assaut jusqu’à la dernière place, le personnel s’affairait incessamment pour servir saucisses blanches, bretzels et bière. On y rencontre des garagistes et leur famille, les enfants sont fort occupés, les pères tout autant, le soir un groupe musical anime la halle, c’est une véritable place de marché. Mieux encore, c’est une petite fête de village qui se déroule à Langenthal.
 
Trouver suffisamment d’exposants n’a pas été un problème
Roger Hunziker a reçu en quelques jours 1300 inscriptions. Il n’en croyait pas ses yeux en faisant les comptes. Son principal souci était moins les visiteurs que les exposants, qu’il fallait convaincre de participer. R. Hunziker a été une nouvelle fois agréablement surpris : « En fin de compte, trouver des exposants a été le plus facile », confie-t-il. Ils étaient 34 à tenir un stand au premier salon du RHIAG, et pour la prochaine édition, dont la tenue est déjà certaine pour R. Hunziker, ce chiffre sera encore plus élevé. Ainsi, RHIAG se rapproche lentement mais sûrement des dimensions de la Halle 7 de Genève, explique-t-il. Il considère la tenue d’un salon en propre comme une solution de « légitime défense » face à la stagnation de Genève : « Il arrive un jour où il faut prendre les choses en main ».

Les projets d’avenir sont déjà en place
L’emplacement de la halle couverte de Langenthal répond bien au concept, non seulement à cause du nom, mais surtout pour ses niches et ses nombreuses fenêtres. Reste que si davantage d’exposants s’inscrivent l’année prochaine et occupent comme cette année un espace de 16 à 50 mètres carrés, la place sera insuffisante. R. Hunziker le pense aussi lorsqu’il dit qu’on pourrait se resserrer, mais que si l’expansion visée est réussie, il faudrait dès à présent réfléchir à un autre lieu pour organiser le salon. Il a déjà une petite idée (« plus qu’une idée », précise-t-il). Mais malgré nos demandes insistantes, il refuse d’en dire plus sur son « concept 2020 ».
 

Questions à Christoph Kissling, CEO de RHIAG Group Ltd.

« Nous n’irons plus à Genève, en aucun cas »

Christoph Kissling, CEO de RHIAG, tire un bilan positif de ce premier salon. Il évoque les risques auxquels l’acteur majeur du marché suisse de l’après-vente a fait face en lançant son propre salon, et explique pourquoi le salon de Genève n’est plus intéressant pour son groupe.

 
Avec le concept d’un salon en propre, vous avez pris des risques...
Christoph Kissling : Oui, en effet. Mais en novembre dernier, on a dû décider si on continuait d’exposer à Genève ou si l’on se prenait en main. Nous avons opté pour la deuxième solution.
 
Qu’est-ce qui vous a poussé à prendre cette décision ?
Tout d’abord, la dispersion à Genève a pris désormais une ampleur qui n’est plus supportable d’un point de vue économique, en effet, une part toujours plus grande des visiteurs ne sont ni nos clients ni des clients potentiels. Ici en revanche, nous avons accueilli en deux jours plus de 1000 visiteurs, dont la plupart représentent un groupe cible très pertinent pour nous et pour nos fournisseurs. Au total, cette approche ne nous coûte pas plus cher que Genève, et l’argent est investi bien plus efficacement. En outre, le concept d’un salon en propre nous permet de mettre à disposition de nos fournisseurs un véritable stand, et non, comme à Genève, un simple logo accroché à un mur quelconque, ou dans le meilleur des cas une vitrine au coin d’un stand. En renforçant la position de nos fournisseurs, avec leurs produits haut de gamme, nous consolidons également notre image à l’égard de nos clients.
 
En quoi le bilan de votre premier salon peut-il influencer la décision de retourner à Genève ?
Christoph Kissling : Cela peut paraître surprenant, mais le bilan de notre salon ne change rien à notre position concernant Genève. Nous ne retournerons pas à Genève. En aucun cas.
 
 
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